Cet article synthétise les conseils d’expert partagés par la chaîne YouTube @Robert Longechal.
Vous avez une étagère à fixer, un cadre à accrocher ou un meuble de cuisine à installer ? La réussite de votre projet ne dépend pas seulement de votre perceuse, mais d’un petit élément crucial souvent négligé : la cheville.
Choisir la mauvaise cheville, c’est prendre le risque de voir votre fixation s’arracher et votre mur s’abîmer. Mais comment s’y retrouver entre les murs pleins, creux, friables ou durs ?
Dans cet article, nous allons décomposer la méthode infaillible pour identifier votre mur et sélectionner la fixation parfaite, étape par étape.
Étape 1 : Identifiez la nature de votre mur
Avant même d’acheter vos chevilles, vous devez savoir ce qui se cache derrière la peinture ou le papier peint. Pour cela, inutile de deviner : il faut effectuer un test de perçage.
Percez un petit trou (avec un foret de petit diamètre) et observez attentivement deux choses : la résistance rencontrée et la couleur de la poussière qui s’en échappe.
Analysez la poussière de forage :

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Poussière grise et fine : Vous êtes probablement en présence de béton ou de pierre. C’est un matériau très dur et plein.
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Poussière grise, mais perçage rapide (avec des à-coups) : Il s’agit sûrement de parpaing creux (bloc de béton). La mèche traverse des parois dures puis tombe dans le vide.
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Poussière rouge ou orange : C’est de la brique.
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Si ça résiste tout du long : Brique pleine.
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Si la mèche s’enfonce par à-coups : Brique creuse.
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Poussière blanche et perçage facile :
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Si le mur semble massif mais tendre : Carreau de plâtre ou Béton cellulaire (Siporex). Le béton cellulaire fait une poussière un peu plus granuleuse, gris très clair.
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Si la mèche traverse une fine couche puis tombe dans le vide : C’est une plaque de plâtre (type Placo).
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Étape 2 : Quelle cheville choisir selon le diagnostic ?
Une fois le matériau identifié, le choix de la cheville devient logique. Voici les recommandations par type de support.
1. Pour les murs en Béton, Pierre ou Brique Pleine
Dans ces matériaux durs et compacts, la cheville fonctionne par expansion. En serrant la vis, la cheville s’écarte et presse contre les parois du trou.
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Le choix idéal : Les chevilles universelles bi-matière. Elles offrent une adhérence exceptionnelle grâce à l’alliance de deux plastiques (l’un rigide, l’autre plus souple) qui s’adaptent parfaitement aux irrégularités du trou.
2. Pour les matériaux creux (Parpaing, Brique Creuse)


Ici, la difficulté est que la cheville ne peut pas s’appuyer sur de la matière partout.
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La solution : Encore une fois, la cheville bi-matière est reine. Dans le creux, elle a la capacité de se « nouer » ou de former un bourrelet derrière la paroi, empêchant l’arrachement.
3. Pour le Placo (Plaques de plâtre)
C’est le cas le plus spécifique. Le plâtre est friable et fin, il faut donc une fixation qui prend appui sur une large surface à l’arrière de la plaque (effet « parapluie »).
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L’indispensable : La cheville métallique à expansion (type Molly).
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Astuce de pro : Pour une pose parfaite et durable, n’essayez pas de les serrer uniquement au tournevis. Utilisez une pince à expansion. Cela garantit que la cheville est parfaitement écrasée derrière la plaque sans abîmer le plâtre en tournant.
Le conseil shopping : Pour vos travaux sur placo, je vous recommande vivement d’investir dans un kit complet incluant la pince. C’est un outil qui vous servira toute votre vie de bricoleur.
4. Pour le Béton Cellulaire ou le Carreau de Plâtre
Ces matériaux sont « tendres ». Une cheville standard risque de tourner dans le vide si on force trop.
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Charges légères : Une cheville bi-matière peut suffire.
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Charges lourdes : Privilégiez des chevilles spéciales à visser (qui ont un gros filetage extérieur) ou des chevilles de forme hélicoïdale conçues pour mordre dans ce matériau tendre sans l’effriter.
La règle d’or : Longueur et Diamètre
Ne regardez pas seulement le diamètre de la cheville, regardez sa longueur. En mécanique, on parle de « cône d’arrachage ». Plus votre cheville est longue et profondément ancrée, plus la zone du mur qui la retient est vaste (en forme de cône partant de la cheville vers la surface du mur).
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Pour du lourd : Prenez des chevilles plus longues et plus grosses.
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Pour du léger : Des chevilles courtes (30-40mm) suffisent.
💡 Le saviez-vous ? Même la meilleure cheville du monde ne tiendra pas si le trou est mal fait. Pour un perçage précis et sans effort, découvrez notre comparatif : [Quelle visseuse choisir pour ses travaux ?]
Conclusion
Comme vous le voyez, il n’existe pas de « cheville magique » unique, mais la cheville bi-matière est ce qui s’en rapproche le plus pour la grande majorité des murs en dur (pleins ou creux). Pour le placo, restez fidèles aux chevilles métalliques à expansion.











